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Edito

 

 

 

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

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La presse qui devrait être, dit-on, le 4ème pouvoir  est devenue en Haiti  une courroie de transmission  propulsant  des partis  politiques et des candidats qui poussent comme des champignons.  

 

En Haïti aujourd’hui, nous sommes témoins  de ce qu’on pourrait appeler de rêves fous voire de délires que l’on tenterait  d’attribuer... à de la folie de grandeur. Et c’est  peut-être ce qui explique que nous avons  plus de 160 partis et groupements politiques  voulant participer aux prochaines élections. 

 

Les réflexions sur l’éthique et la déontologie des médias en Haïiti  soulèvent diverses questions. Il convient d’abord de clarifier certains concepts de journalisme pour alimenter le débat qui a ses moments forts, notamment pendant les périodes électorales.

 

La presse va mal en Haïti : ce n’est pas du nouveau; disons tout bonnement que le problème s’amplifie chaque jour!

 

Les raisons de cette déliquescence sont multiples.

 

La presse dans toute société démocratique a une responsabilité bien définie, son principal but étant de relayer aux gouvernants les aspirations des gouvernés. Le but fondamental de la presse est aussi d’informer, d’éduquer et de distraire. Le rôle de la presse n’est pas uniquement de critiquer ou de louer le gouvernement, mais plutôt de rapporter les faits sans partialité, et de laisser libre cours à l’opinion publique  le soin de juger de l’information qu’elle transmet dans le milieu.

 

Consciemment ou inconsciemment, au cours des dernières décennies ,la  presse parlée haïtienne a contribué  à un certain degré au malheur du pays. Car progressivement, la majorité des radios en Haïti  est devenue une zone de débats tumultueux et cacophoniques qui plutôt enflamment les esprits au lieu de les apaiser. L’usage de la langue créole à la radio a comme facilité un langage débridé chez certains intervenants qui autrefois ne pouvaient pas s’exprimer en français.   On retrouve toutefois beaucoup de talents dans les médias haïtiens.

 

Du fait de cette situation, on n’a  jusqu’ici aucune discussion constructive au niveau des médias pour éduquer et sensibliser la nation quant à ses aspirations premières et ses intérêts prioritaires.  On dirait que “faire de la politique”, avec tout ce qui comporte d' attaques personnelles, inuendos, de “zins”, de “voye monte”, de déclarations intempestives provoquant des “kouri” dans les rues,  est resté le  point de mire de presque toutes les émissions radiophoniques en Haïti. On ne tarirait pas d’exemples pour illustrer ces affirmations. 

 

Cette presse parlée a  accumulé toutes les faiblesses qui sclérosent et déflorent la société. Elle a atteint, semble-t-il, le stade de l’entropie.

 

N’avons nous pas entendu que  plusieurs journalistes de la presse présumée indépendante en Haïti avaient reçu des pots-de-vin en guise de cadeaux  de Noël du gouvernement  l’année dernière ? Quelle aberration !  Affirmons qu’une presse mendiante ne peut être indépendante!  Le journalisme a des règles universelles qui doivent être respectées que l’on soit en Haïti ou ailleurs.  

 

Les déclarations récentes de plusieurs journalistes annonçant leur candidature pour les prochaines présidentielles  représentent la goutte d’eau qui fait déborder le vase. Un coup amer au noble métier du journalisme! Nous ne savons pas vraiment à quel saint nous vouer maintenant… Nous devons nous demander  si les informations  qui nous parviennnent d’Haïti ne sont pas orientées ou canalisées à des fins partisanes.  

Dans une telle atmosphère de tohu-bohu journalistique ou d’opportunisme malsain, comment donc dissocier  les relations (ou les différences) entre partis politiques,le pouvoir, et  les « journalistes-candidats camouflés derrière le microphone ou la plume?

 

En Haïti, le fait d’exercer la profession de présentateur, “radioman” fait de tous des professionnels dans le domaine du journalisme et par extension des personnages qui se croient “présidentiables”.  

 

Lors des troubles politiques récents en Haïti, plusieurs journalistes, se faisant passer comme étant les meilleurs côtoyaient  le pouvoir en place dans le but  de  faire passer leur propres revendications. Ils représentaient tout aussi bien les champions de “Voye Monte”  que des agitateurs, semant des troubles  à travers  le pays . C’était donc une démarche de leur part qui visait  à s’approprier leur part du butin.  

 

Aujourd’hui , ils laissent tomber leurs masques et essayent de changer de couleur comme des “agranman” pour se lancer sur la scène politique.

 

Grâce à l’internet  nous n’avons plus à dépendre uniquement d’eux:  il n’existe plus de grands médias, les nouvelles technologies de communication les dépossèdant  de leur pouvoir absolu. Les outils médiatisants (appareils photos, caméras, réseaux sociaux) sont aujourd’hui à la portée de tous. Ceux-ci permettant d’ouvrir la production de témoignages de l’actu aux non-professionnels. De nouvelles pratiques médiatiques, tel le blogue, apparaissent de plus en plus comme un mode privilégié d’expression ; le blogue qui fait aussi partie de ce qu'on appelle  « journalisme citoyen » modifie les rapports entre l’exclusivité d’information et le monopole de l’information. À cela viennent s’ajouter les autres médias sociaux tels que le Facebook, Twitter, Instagram etc...dont notre Haïti Connexion Network fait partie intégrante.

 

Il y a lieu de se poser la question: Quel est le futur du journalisme haïtien et du journalisme en général?

 

Il est important de se rappeler les propos de Mark Deuze nous disant pourquoi le journalisme est né et existe. « Le journalisme, c’est plus que raconter des histoires ! Il possède une cause plus noble qui est celle de nous avertir des dangers. En gros, le journalisme nous dit comment les choses fonctionnent. Les journalistes sont  des “gatekeeper”, mot anglais qui pourrait se traduire en français comme “chiens de garde de la démocratie. » 

 

Nous ne devons pas confondre la profession de journalisme avec celle de la publicité, ou les métiers d’un propagandiste ou d'un politicien...

 

Certains journalistes en Haïti sont-ils des assoiffés de pouvoir ?

Par Hervé Gilbert

Une vue de montagne de la Corée du Sud.​ Regardez les fleurs !

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